Georges Montaron
Le rassembleur
Georges Montaron a été porté à la présidence du Syndicat de la presse hebdomadaire parisienne en 1977, au lendemain de la mort d'Emilien Amaury. Comment succéder à un président continuellement réélu durant plus de trente ans ? La question ne s'est probablement pas posée au directeur de Témoignage chrétien. Lui aussi animateur des combats syndicaux durant de longues années, il fut en quelque sorte, l’homme de l’unité dans une famille de presse nécessairement si diverse.

Avant d'être journaliste, Georges Montaron a été un militant. Ce Parisien né en 1921, fils d'imprimeur, a très tôt donné de lui-même dans les luttes bénévoles de l'humanisme. A vingt ans, il devient dirigeant national de la jeunesse ouvrière catholique, la JOC. Alors que la Résistance commence à se structurer, l'action clandestine lui devient familière. La JOC et les jeunes chrétiens combattants de Georges Montaron participent à la diffusion d'un journal qui vient de se fonder à Lyon, en zone libre : Témoignage chrétien. Ses chroniques nourrissent les espoirs de nombreux résistants catholiques. A partir de 1943, le journal est diffusé dans toute la France – occupée jusqu'à la Méditerranée. En dépit des risques, en dépit de la clandestinité forcée, les Cahiers et le Courrier de Témoignage chrétien deviennent de grands journaux, ne serait-ce que par le tirage : cent mille exemplaires, bien avant la libération.

En 1945, alors que la France se retrouve enfin, les fondateurs du titre décident de poursuivre l'aventure. Georges Montaron fait partie de l'équipe dirigeante. En 1948, le père Chaillet lui confie la mission de développer le journal. Depuis, l'histoire du titre et celle de son directeur se confondent. Même s'il prend d'autres responsabilités, notamment à Télérama puis beaucoup plus tard en dirigeant la revue Croyants en liberté, Georges Montaron est avant tout l’animateur de “TC” dont l’équipe n’a jamais renié sa couleur militante. Au fil des ans, son journal prend des positions personnelles dans tous les combats, à commencer par celui en faveur de la décolonisation en Indochine puis en Afrique. Au cours des années 1950 et 1960, cet engagement lui vaut des démêlés avec les autorités, qui saisissent le titre à trois reprises en métropole, et… 70 fois en Algérie !
A chaque fois, Georges Montaron reçoit le soutien du Syndicat de la Presse Hebdomadaire Parisienne. Participant assidu des réunions de la rue Gabriel Laumain dès la fin des années 1940, il anime par ailleurs le Centre national de la presse catholique à partir de 1950. Il accède au secrétariat général du SPHP lors du congrès de la Fédération nationale de la presse française à Alger en 1954.
A la disparition d'Emilien Amaury, c'est presque naturellement que ses confrères voient en lui le candidat le mieux qualifié, à la fois porte-parole d'une presse libre et vivante.

A partir de 1977, Georges Montaron maintient les orientations définies dès les origines du syndicat. Vice-président de la Fédération nationale de la presse française, administrateur de la société des papiers de presse et de l’Ecole supérieur de journalisme de Lille, président de la coopérative des papiers magazine au NMPP, il participe également au Conseil national de la communication audiovisuel. A ces titres, il représente les hebdomadaires et périodiques parisiens auprès des institutions.

D'Emilien Amaury à Georges Montaron, le discours est demeuré le même : la presse n'est pas un “ produit ” comme les autres, car elle participe à la culture et à l'éducation du pays, à la richesse du débat démocratique ; l'Etat doit donc procurer aux journaux des conditions qui permettent aux lecteurs de disposer d'une presse plurale, de qualité et d'un prix abordable.

Georges Montaron est décédé le 8 octobre 1997.