![]() |
||||||||
| Raymond Lyon La mémoire d'une profession |
||||||||
| Comme nombre d'autres organisations syndicales sans doute, le SPHP doit beaucoup à ses élus mais aussi à ses employés, qui dans l'ombre assurent la tâche quotidienne liée aux débats en cours. Parmi ceux qui dont le travail a marqué le Syndicat, il y a deux femmes : Jeanne Bigot, l'épouse du premier secrétaire général, qui a eu pour tâche de constituer les premières archives des hebdomadaires parisiens et Jeanine Beaudon, qui a longtemps assuré lintendance du Syndicat. Mais il faut aussi réserver une place à part à Raymond Lyon. Entré rue Gabriel-Laurnain au lendemain de la Libération, il y a conservé des fonctions jusqu'en 1990. Raymond Lyon est entré en journalisme après des études à l'école de physique-chimie ! Dans les années 1930, il met à profit ses connaissances au sein dun groupe de revues scientifiques. Puis, en 1936, il prend la rédaction en chef de l'édition française d'un lettre antinazie. Il suit de très près les terribles années qui précèdent la guerre. Mobilisé en 1939, il s'évade et se retrouve à Lyon, désargenté. Il devient marchand forain puis grossiste en bimbeloterie. Au même moment, et par l'intermédiaire de Jean Paulhan, Manuel Molina et de leur Comité national des journalistes, il commence à rendre des services à la Résistance : il fabrique de faux papiers d'identité, de fausses cartes dalimentation et fournit à des militants clandestins une couverture en les faisant passer pour des représentants de son entreprise. A la libération, on le contacte pour faire reparaître un journal. Il lance alors Dimanche. Comme ses confrères, il doit se battre pour obtenir du papier et vendre son titre. Mais surtout, dès le printemps 1945, il devient l'interlocuteur principal des éditeurs parisiens au Syndicat des hebdomadaires. C'est lui qui monte les dossiers nécessaires à l'obtention de fournitures, qui participe au contrôle des demandes de reparution. Bien souvent, les candidats à la fondation d'un journal ignorent alors tout du métier qu'ils souhaitent entreprendre ! Raymond Lyon donne des conseils, assiste ses futurs confrères. Alors que l'effervescence retombe, il garde son bureau rue Gabriel Laumain. En 1949, il lance le Bulletin documentaire du SPHP. il le réalisera en tant que rédacteur en chef, jusqu'à son départ du syndicat. Mois après mois, il assure les comptes-rendus des réunions de bureau, des sessions du comité intersyndical. Le Bulletin publie les questions des éditeurs sur des problèmes administratifs et sociaux, les réponses des autorités compétentes, les évolutions de la législation et de la jurisprudence, les demandes et offres d'emploi de la profession, les annonces des principales manifestations parisiennes. Dès la fin des années 1950, Raymond Lyon s'intéresse de près aux nouvelles techniques de laudiovisuel. Plus tard, un voyage aux Etats-Unis lui apporte dans ce domaine une compétence reconnue. Mais alors que les élus du Syndicat sinquiètent de l'irruption de la télévision et des possibles ponctions sur le marché publicitaire, lui milite pour un rapprochement entre les deux formes d'expression. Ses interventions aux assemblées générales sur ce thème sont claires : rien ni personne ne peut freiner l'essor de laudiovisuel. Cette prise de position débouche sur un début de réalisation concrète. Dans les années 1970, la France lance un premier plan en faveur de la télévision câblée. On équipe plusieurs villes et notamment quelques quartiers de Grenoble. C'est l'occasion pour le Syndicat de lancer une initiative : appuyé par plusieurs dizaines de titres périodiques, membres ou non du SPHP, Raymond Lyon devient directeur de la Société Vidéotransmission et télédistribution (SVT). Il sagit de produire avec lexpérience journalistique des participants au tour de table des programmes destinés à alimenter ces nouveaux réseaux télévisés. Lexpérience tourne court, le gouvernement décidant finalement à lépoque de renoncer à la télévision par câble. |
||||||||